En territoire massaï
Jeudi 10 septembre 2026
Nous nous levons vers 7H00, et avant même de prendre notre petit-déjeuner, nous profitons de la lumière du matin pour observer la savane. Il y a des animaux dans toutes les directions : des gazelles de Thomson, des girafes, des éléphants, des hyènes tachetées, et même des lions.
Nous nous mettons en route vers 8H00, et Philipo commence par partir à la recherche de la famille de lions que nous avons vue ce matin. Il ne lui faut pas plus d'un quart d'heure pour les rejoindre. Les femelles et les petits sont regroupés, alors que le mâle se tient à distance en solitaire. Nous ne nous attardons pas trop pour éviter de les perturber, car nous sommes dans un secteur où ils n'ont pas beaucoup l'habitude de voir des véhicules s'approcher d'eux.
Nous passons près d'un point d'eau où nous observons quelques hippopotames.
Nous enchaînons deux bonnes heures de piste à travers la savane parsemée de formations rocheuses parfois spectaculaires. Philipo nous dit que les prédateurs aiment bien s'y poster, en attendant le passage de proies potentielles.

Nous observons en particulier un groupe de bubales de Coke.
Mais nous voyons aussi quelques ânes sauvages.
Nous faisons une pause aux environs de midi, à proximité de l'entrée du musée des gorges d'Olduvaï, un des plus importants complexes de sites préhistoriques d'Afrique. De grandes sculptures de crânes d'hominidés sont placées sur un piédestal en pierre, elles symbolisent les ancêtres de l'espèce humaine découverts dans la région. On considère souvent que ces gorges sont le « berceau de l'humanité ».
Plusieurs espèces d'hominidés clés ont coexisté ou se sont succédées dans le secteur. Le "Paranthropus boisei" a été découvert par Mary Leakey en 1959. Surnommé « l'homme casse-noisette » en raison de ses mâchoires massives. Il a vécu il y a environ 1,8 million d'années. Mais il y a eu aussi l'Homo habilis, l'homo erectus et l'homo sapiens...
Nous roulons encore une demie-heure avant de nous arrêter dans un village massaï. Nous devons nous acquitter de 10€ par personne pour visiter le village.
Les Massaïs exécutent tout d'abord une danse rituelle pour nous souhaiter la bienvenue, et nous devons nous parer du "shuka", une étoffe colorée portée par les hommes comme une couverture drapée et nouée sur l’épaule.
Puis ils font un concours de sauts : ils sautent presque sans fléchir les genoux, en misant tout sur la puissance de la cheville et du pied. Les jeunes guerriers exécutent ces sauts lors des cérémonies importantes, comme l'accession au statut d'adulte ou les mariages. Plus le saut est haut, plus ils gagnent en prestige et en admiration au sein de sa communauté. C'est aussi une façon de se démarquer pour attirer l'attention des jeunes femmes.
Ils nous montrent ensuite leur manière d'allumer un feu en faisant tourner une branche d'acacia sur un morceau de bois d'ébène placé sur une peau de zébu séchée. Ils réussissent ainsi à récupérer un peu de cendre chaude qu'ils déversent sur des brindilles sèches. En soufflant dessus, ils attisent le feu et obtiennent une première flambée qu'il conserveront tout au long de la journée.
Nous allons ensuite rencontrer les enfants de l'école. Ils apprennent le swahili et l'anglais, et nous font une démonstration de lecture sur le tableau. Avant de les quitter nous chantons ensemble "Frère Jacques" en anglais. Ils chantent à tue-tête avec un plaisir évident.
Nous allons voir les "maisons" du village, et nous pénétrons dans l'une d'entre-elles. L'ossature des murs et de la couverture est constituée de branches d'acacia. L'étanchéité est ensuite réalisée avec un mélange de bouses de zébu et de terre. À l'intérieur, l'aménagement est très sommaire. Il est composé de deux couches séparées (une pour les hommes et une pour les femmes), et deux ou trois pierres servent à contenir le feu au centre de la pièce, avec un simple trou dans le plafond pour permettre à la fumée de s'évacuer.
La visite se termine par une tentative de vente de divers objets tels que des colliers ou autres produits censés être confectionnés par eux. Les prix proposés sont bien trop élevés, et les transactions de marchandage n'aboutissent pas. Nous avons préféré mettre un billet dans la caisse de l'école.
Cette visite ne nous a pas vraiment laissé une bonne impression, car nous avons le sentiment que le passage des touristes que nous sommes modifie profondément leur mode de vie.
Nous reprenons notre route, un peu perturbés, mais nous nous régalons en observant un girafon en train de téter sa mère.
Les élands du Cap déambulent majestueusement dans les hautes herbes, et nous nous sentons un peu plus en phase avec cet environnement...
Il est pratiquement 15H00 lorsque nous nous arrêtons pour manger sur une aire de pique-nique aménagée. Nous y trouvons un troupeau de zèbres qui restera placidement autour de nous pendant le repas.
Une buse augure nous survole à plusieurs reprises. Le dessous des ailes est très blanc, et contraste nettement avec le bord noir très marqué. Sa queue courte de couleur fauve ou roux-orangé est le critère emblématique de l'espèce, bien visible en vol.
Nous observons aussi un oiseau bien proche de nous, posé sur une branche. Il a un plumage gris cendré avec des nuances sombres et une gorge blanche, un anneau oculaire étroit, un bec et des pattes oranges, c'est le merle d'Abyssinie.
Après une demie-heure de piste, nous passons une nouvelle fois au point de vue sur le cratère du Ngorongoro.
Nous y découvrons une espèce de géranium qui nous avait échappée lors de nos précédents passages : le géranium d'Arabie.
Il est 18H00 lorsque nous arrivons à l'Olea Farmer Lodge, à proximité de Karatu, et à 1,500km du Ngorongoro Forest tented lodge où nous avions dormi lundi soir. Notre chambre est entourée de bananiers et de plantations de café. Sa taille est démesurée, et nous avons deux lits de 180 pour nous tout seuls...