Aire de conservation du Ngorongoro

Mardi 8 septembre 2026

Nous quittons notre lodge vers 10H00, pour rejoindre l'aire de conservation du Ngorongoro qui s'étend sur de vastes étendues de prairies, de brousses et de forêts d’altitude, depuis les plaines du Parc National du Serengeti, jusqu’à la vallée du Grand Rift.

Entrée de l'aire de conservation du Ngorongoro

Cette zone protégée fut établie en 1959 en tant que zone d’usage multiple des terres. Ainsi, la faune sauvage y coexiste avec des pasteurs Massaïs semi-nomades pratiquant l’élevage du bétail. Cette zone protégée revêt une importance majeure pour la conservation de la biodiversité, du fait de la présence d’espèces menacées à l’échelle mondiale, de la densité de la faune sauvage qui y vit tout au long de l’année, et de la migration annuelle des gnous, zèbres, gazelles de Thomson, gazelles de Grant et autres ongulés vers les plaines du Nord.

Nous avons roulé une trentaine de kilomètres pour rejoindre un point de vue sur le spectaculaire cratère du Ngorongoro, qui avec ses 20km de diamètre constitue la plus grande caldeira du monde. Cet immense cratère était à l’origine un grand volcan qui a fait éruption il y a 2 millions d’années. Protégés par des remparts naturels de 600 mètres de haut, des milliers d'animaux résident dans ce site naturel exceptionnel, en totale liberté. Le programme de la journée semble très prometteur...

Un panneau nous indique que nous nous trouvons à 2200m d'altitude, au point de coordonnées 3°15'52'' Sud - 35°35'26'' Est, à 20km au Nord-ouest de Karatu. La lumière du matin nous offre de superbes nuances de couleur. Nous voyons le lac, mais l'humidité ambiante limite un peu la visibilité.

Cratère du NgorongoroPoint de vue sur le cratère du NgorongoroCratère du Ngorongoro

Comme cet arrêt se prolonge un peu, nous en profitons pour observer la flore.

Pavonie brûlante Cyathula uncinulata Herbe d'Eugène
Pavonie brûlante Cyathula uncinulata Herbe d'Eugène

Nous continuons notre parcours sur une piste qui chemine sur une vingtaine de kilomètres, en suivant la ligne de crête du cratère vers le Nord-est. Il nous aura fallu pas loin de 3/4 d'heure pour les parcourir, croisant parfois quelques masaïs qui vivent dans le secteur.

Nous faisons une nouvelle halte, avant d'emprunter la piste qui descend au cœur de la caldera. Là encore, nous en profitons pour faire de nouvelles investigations à caractère botanique dont voici le résultat.

Lantanier trifolié Ipomée Lasiosiphon glaucus
Lantanier trifolié Ipomée Lasiosiphon glaucus
Cycnium tubulosum Nepete azurea Solanum campylacanthum
Cycnium tubulosum Nepeta azurea Solanum campylacanthum
Séné (Bois d'épingle) Cyathula polycephala Pompon soldat
Séné (Bois d'épingle) Cyathula polycephala Pompon soldat

Dès notre arrivée au fond du cratère, nous observons un troupeau de buffles. Des hérons garde-bœufs sont posés sur leurs dos pour manger les larves parasites logées dans leur peau.

BufflesBufflesBuffles

Voici maintenant que les zèbres viennent leur tenir compagnie.

Zèbres et buffles

Mais très vite, nous constatons que ce sont les gazelles qui sont largement majoritaires. Elles se répartissent entre deux espèces : les gazelles de Grant et les gazelles de Thomson. Elles se ressemblent beaucoup, mais la gazelle de Thomson a une large bande noire très prononcée sur ses flancs (voir les deux photos du bas).

GazellesGazelles de GrantGazelle de Grant

Gazelle de ThomsonGazelles de Thomson

Nous rencontrons ensuite quelques gnous. Les gnous du cratère du Ngorongoro sont en grande majorité sédentaires, contrairement à ceux qui participent à la grande migration. Ils constituent une proie de choix pour les nombreux prédateurs, notamment les lions, les hyènes et les guépards.

Gazelles de Grant et gnouGnouGnous et zèbres

Gnous et zèbresGnou

Les zèbres sont de plus en plus nombreux, un vrai régal pour les photographes...

ZèbresZèbres

ZèbresZèbres

ZèbreZèbre

Surprise : alors que nous sommes occupés à observer les gnous et les zèbres, une famille d'otocyon sort du terrier qui se trouve juste à côté de notre véhicule. Il s'agit d'un petit mammifère carnivore appartenant à la famille des canidés. Il est également désigné sous les noms de Chien ou Renard oreillard, ou encore Renard à oreilles de chauve-souris. En effet, il se caractérise par des oreilles proéminentes, qui jouent un rôle dans la thermorégulation, ainsi que dans la détection des proies à base d’insectes qu’il mâche avec une grande rapidité grâce à une dentition adaptée. Pas du tout stressés, ils se couchent devant nous, nous laissant ainsi tout le temps nécessaire pour les observer et les photographier.

OtocyonsOtocyon

Un quart d'heure plus tard, nous croisons la route d'une autruche male (Struthio camelus), qui se reconnait à la couleur de son plumage, car les femelles sont grises.

Autruche

AutrucheAutruche

Mais très vite, nous rencontrons un oiseau nettement plus petit : une outarde kori (Ardeotis kori), l'un des plus lourds oiseaux volants au monde. Les mâles pèsent en moyenne 12kg, mais peuvent atteindre les 20kg. Cependant, bien qu'elle sache voler, elle passe l'essentiel de son temps à marcher lentement au sol dans les savanes et les prairies ouvertes, pour se nourrir d'insectes, de petits reptiles, de rongeurs, de graines et de baies.

Outarde koriOutarde koriOutarde kori

Les phacochères s'invitent maintenant sur la liste des espèces que nous découvrons aujourd'hui... Nous voyons très bien que ce sanglier des savanes porte une crinière sur son dos. Les deux défenses dirigées vers le haut lui servent à déterrer des racines ou des bulbes, mais aussi à se défendre contre les prédateurs. Il peut tenir tête à un léopard ou même à une lionne, et il n'hésite pas à charger en cas de danger pour lui ou pour sa progéniture.

Phacochères PhacochèrePhacochère

Quelques minutes plus tard, ce sont les hyènes tachetées qui déambulent tête basse dans la savane, à la recherche d'une proie...

Hyènes tachetéesHyènes tachetéesHyènes tachetées

Alors que nous nous sommes arrêtés près d'un point d'eau pour manger (sans descendre du véhicule), nous observons quelques espèces d'oiseaux : le pélican blanc (Pelecanus onocrotalus), l'ibis sacré (Threskiornis aethiopicus), le vanneau à ailes blanches (Vanellus crassirostris) et le bihoreau gris (Nycticorax nycticorax).

Pélican blancIbis sacré

Vanneau à ailes blanchesBihoreau gris

Nous nous arrêtons un instant pour photographier un imposant buffle solitaire.

BuffleBuffle

Philipo, notre guide, s'arrête pour nous montrer un serval en pleine action de chasse. Il est donc très mobile et ne nous facilite pas la tâche pour le photographier. Mais ce fut un moment d'observation particulièrement intéressant. Nous l'avons vu bondir, et attraper plusieurs petites proies qui semblaient être des petits rongeurs comparables à des mulots. Philipo nous dit que nous avons beaucoup de chance, car il est très rare de le rencontrer.

ServalServalServal

Un quart d'heure plus tard, nouvel arrêt... Philipo nous montre un gros point qui se détache à l'horizon, et nous indique qu'il s'agit d'un rhinocéros blanc. Il place notre véhicule à proximité d'un point d'eau, juste dans la direction que semble suivre l'animal. Nous avons ainsi la chance et le plaisir de le voir progressivement s'approcher jusqu'à seulement quelques dizaines de mètres de nous. Ce sera l'un des moments les plus marquants de notre voyage.

Cette espèce avait disparu du pays depuis près de 50 ans, principalement à cause du braconnage intensif. Un projet de réintroduction a débuté en 2025, avec le transfert de 18 rhinocéros blancs depuis l’Afrique du Sud vers le Ngorongoro. Ces animaux ont d’abord été placés dans des enclos d’acclimatation afin de s’adapter progressivement à leur nouvel environnement et de renforcer leur sécurité. En juin 2026, une nouvelle étape importante a été franchie et 17 des 18 rhinocéros initialement transférés ont été relâchés dans une zone élargie au sein de l’aire protégée. C'est donc une chance unique, que de croiser la route de l'un d'entre eux, et de l'observer ainsi...

Rhinocéros blancRhinocéros blanc

Rhinocéros blancRhinocéros blanc

Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour admirer des grues royales (Balearica regulorum), reconnaissables à leur huppe dorée caractéristique.

Grues royales

Grue royaleGrue royale

Un vautour africain (Gyps africanus), également appelé vautour à dos blanc, passe au-dessus de nous. Il ressemble énormément aux vautours fauves que nous connaissons au Pays Basque. Cependant, vu du dessous lorsqu'il est en vol, on distingue ses couvertures sous-alaires très claires qui contrastent fortement avec ses rémiges, nettement plus sombres.

Vautour africain

Un peu plus loin, un petit oiseau coloré de la taille d'un merle attire notre attention : c'est le choucador de Hildebrant (Lamprotornis hildebrandti).

Choucador de HildebrantChoucador de Hildebrant

Il est environ 16H00 lorsque nous repassons au point de vue sur le cratère du Ngorongoro.

Le cratère du Ngorongoro

Alors que nous faisons route en direction de Karatu, nous avons l'occasion de voir de nombreux villages masaïs.

Village masaïVillage masaï

Au terme de près de 3H00 de route et surtout de pistes, nous arrivons vers 18H45 au Ndutu Safari Lodge, isolé en pleine nature.

Ndutu Safari Lodge

Ndutu Safari Lodge

Nous avons le plaisir d'observer de nombreux dik-diks de Kirk qui tournent autour des bâtiments. Ce sont d'adorables petites antilopes, qui ne dépasse pas 43 cm au garrot. Ils ont un museau allongé, une légère fourrure grise sur le dos, et blanche au niveau du ventre. Leurs yeux cerclés de blanc leur donne un regard qui semble très perçant. Seuls les mâles possèdent des cornes très pointues d’environ 5cm. En fuyant le danger le dik-dik émet un cri qui ressemble à « dik-dik », d'où son nom...

Dik-dikDik-diksDik-dik

Cette journée dans l'aire de conservation du Ngorongoro nous a enchanté, et se termine par un bon repas, servi par un personnel très accueillant.

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